À Lomé, les questions liées à l’origine des marchandises s’imposent désormais comme un enjeu stratégique pour les ambitions industrielles et commerciales du Togo. Du 21 au 24 septembre 2026, un atelier national avancé consacré aux règles d’origine réunit les acteurs concernés autour des mécanismes permettant de déterminer et de justifier l’origine d’un produit.
Produire localement ne suffit pas toujours pour qu’un produit puisse bénéficier des avantages commerciaux prévus dans un accord. Lorsqu’une entreprise importe certaines matières premières, les transforme au Togo puis souhaite exporter sa production vers un autre marché africain, elle doit pouvoir établir que son produit satisfait aux critères d’origine applicables.

C’est précisément sur cette problématique que se concentre l’atelier national avancé organisé à Lomé par le Ministère Délégué chargé de la Promotion des Investissements, de l’Industrie et de la Souveraineté Économique (MDPISE), à travers la Direction Générale de l’Industrie, avec l’accompagnement de l’Organisation mondiale des douanes (OMD) et de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA).
De la production locale à l’accès aux marchés
Derrière la notion de « règles d’origine » se trouve une question très concrète : dans quelles conditions un produit peut-il être considéré comme originaire d’un pays et bénéficier des préférences commerciales prévues par un accord ?
La réponse dépend notamment de la nature du produit, de sa transformation et des critères prévus par les accords concernés. Au Togo, les autorités mettent à disposition des opérateurs des ressources consacrées aux procédures commerciales et aux certificats d’origine. Le guide de l’exportateur précise notamment que le certificat d’origine est le document attestant l’origine d’une marchandise et identifie les structures compétentes pour sa délivrance selon les espaces commerciaux concernés.
La maîtrise de ces mécanismes devient donc particulièrement importante dans un contexte marqué par le développement des échanges intra-africains et la mise en œuvre progressive de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Renforcer les compétences nationales
L’enjeu de la rencontre ne se limite pas à familiariser les participants avec des textes ou des procédures administratives. Il s’agit également de développer une expertise nationale capable d’accompagner les entreprises dans leurs opérations d’importation, de transformation et d’exportation.
Cette approche rejoint les efforts déjà engagés au Togo autour de la ZLECAf. Le ministère chargé du commerce avait notamment indiqué que des actions de renforcement de capacités avaient déjà concerné le secteur privé, les femmes commerçantes et les commissionnaires en douane sur les conditions permettant aux marchandises de bénéficier de la référence ZLECAf, ainsi que sur les règles d’origine.
Pour les entreprises togolaises, l’objectif est donc de mieux comprendre les exigences qui accompagnent l’ouverture des marchés. Pour l’administration, il s’agit de disposer de compétences plus solides pour déterminer, certifier et vérifier l’origine des marchandises.

Un enjeu pour l’industrialisation
Au-delà des formalités douanières, les règles d’origine touchent directement à la question de la valeur ajoutée créée au niveau national.
Plus une entreprise maîtrise les conditions permettant de faire reconnaître l’origine de ses produits, plus elle est en mesure d’anticiper les exigences liées à l’accès aux différents marchés. Cette connaissance peut ainsi contribuer à mieux structurer les chaînes de valeur, encourager la transformation locale et faciliter l’intégration des entreprises togolaises dans les échanges régionaux.
L’atelier de Lomé apparaît ainsi comme une étape de renforcement des capacités dans un environnement commercial où la connaissance des règles devient aussi importante que la capacité à produire.
À terme, la maîtrise des règles d’origine doit permettre aux acteurs togolais de mieux exploiter les possibilités offertes par les accords commerciaux, tout en consolidant l’ambition de faire de la production et de la transformation locales des leviers de développement industriel et d’intégration économique africaine.
