Après nos publications des 26 juin et 20 juillet 2026 sur des interrogations relatives à certaines procédures de passation des marchés publics au ministère du tourisme,de la culture et des arts, notre rédaction s’est posée beaucoup de questions liées sur le fonctionnement administratif du ministère. Au cœur des nouvelles interrogations : le fonctionnement du Secrétariat général, la répartition des responsabilités et la traçabilité des dossiers soumis à la signature du ministre.
Le fonctionnement d’un ministère repose sur une organisation administrative et une chaîne de responsabilités clairement définies. Au ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts, le site officiel de l’institution distingue notamment le cabinet du ministre et l’administration centrale. Cette dernière comprend le Secrétariat général, la Direction des affaires administratives et financières (DAAF), la Direction de la planification et du développement touristique (DPDT), ainsi que plusieurs autres directions techniques.
Selon les informations publiées par le ministère lui-même, le Secrétariat général est placé sous l’autorité d’un Secrétaire général. Il assure notamment le suivi et le contrôle de l’application des décisions prises par le ministre, la supervision des services centraux et extérieurs, le suivi administratif des dossiers et l’organisation de la circulation de l’information.
Dès lors, une question centrale se pose : que devient cette chaîne administrative lorsqu’il n’y a pas de Secrétaire général effectivement en fonction ?
Une fonction stratégique dans le fonctionnement du ministère
Le Secrétariat général n’est pas une simple structure administrative parmi d’autres. D’après l’organisation officielle publiée par le ministère, il constitue un maillon essentiel entre le ministre et les différentes directions techniques.
Il intervient notamment dans le suivi administratif des dossiers et dans la circulation de l’information. À ce titre, son rôle touche directement à la coordination et à la traçabilité des actes administratifs.
Notre journal s’interroge donc sur la chaîne actuellement suivie par les dossiers administratifs : qui les réceptionne, qui les examine, qui s’assure de leur conformité, qui en assure le suivi et qui garantit leur traçabilité jusqu’à leur transmission au ministre ?
Ces interrogations prennent une importance particulière lorsqu’il s’agit de dossiers ayant des implications financières ou relevant de la commande publique.
Cabinet et Secrétariat général : deux fonctions à ne pas confondre
Une autre question mérite également d’être posée concernant la distinction entre le Directeur de cabinet et le Secrétaire général.
Le site officiel du ministère présente le Directeur de cabinet comme un membre du cabinet ministériel. Le Secrétariat général, quant à lui, appartient à l’administration centrale et exerce des missions spécifiques de coordination et de suivi administratif.
Cette distinction institutionnelle soulève une interrogation légitime : dans quelle mesure les fonctions relevant normalement du Secrétariat général sont-elles actuellement exercées par d’autres responsables, et sur quelle base administrative ?
Il appartient aux autorités compétentes d’apporter des précisions sur cette organisation et, surtout, sur les actes ou dispositions qui encadrent l’exercice éventuel de ces responsabilités par intérim.
La Direction de la planification également au centre des interrogations
Notre enquête s’intéresse également au rôle de la Direction de la planification et du développement touristique (DPDT).
Cette direction figure officiellement parmi les composantes de l’administration centrale du ministère.
La question que notre rédaction pose est simple : si les mécanismes de planification, de programmation et de suivi fonctionnent normalement, comment sont assurés le contrôle et la traçabilité des procédures administratives et financières qui accompagnent l’exécution des activités du département ?
Il ne s’agit pas, à ce stade, d’affirmer que l’ensemble de la gestion du ministère est irrégulière. Il s’agit plutôt de comprendre les mécanismes internes et les responsabilités de chacun.
Des questions autour des procédures financières
La Direction des affaires administratives et financières (DAAF) est officiellement chargée notamment de l’élaboration et de la centralisation des budgets du département, du suivi de leur exécution ainsi que de la gestion des affaires administratives et financières.
Dès lors, lorsque des interrogations apparaissent autour de certaines procédures de passation des marchés publics ou de l’exécution financière, plusieurs niveaux de responsabilité peuvent être examinés.
Qui initie la procédure ? Qui la contrôle ? Qui la valide ? Quels services interviennent avant la transmission du dossier au ministre ? Quels documents permettent de retracer les différentes étapes ?
Autant de questions auxquelles les pièces administratives devraient pouvoir apporter des réponses précises.
Quelle chaîne de responsabilité autour du ministre Isaac TCHIAKPE ?
Isaac TCHIAKPE dirige le ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts depuis octobre 2025, à la suite de la passation de service du 10 octobre 2025.
Le ministre dispose, selon l’organisation officielle du département, d’un cabinet et d’une administration centrale comprenant notamment le Secrétariat général et les différentes directions techniques.
Dans ce dispositif, la clarté de la chaîne administrative apparaît essentielle. Lorsqu’un dossier arrive sur le bureau du ministre pour signature, quelles sont les étapes qu’il a préalablement suivies ? Quels services ont procédé aux contrôles nécessaires ? Et quelle autorité assure le suivi du dossier après la signature ?
Ces questions ne mettent pas en cause, à elles seules, la responsabilité personnelle du ministre. Elles portent sur le fonctionnement de l’administration et sur les mécanismes qui doivent permettre de sécuriser les décisions prises au niveau ministériel.
Comment un ministère peut-il garantir une parfaite traçabilité de ses dossiers si la chaîne administrative autour du Secrétariat général demeure sujette à interrogation ?
La question reste ouverte.
Notre journal reviendra sur les différents éléments du dossier, notamment sur les procédures de passation des marchés publics déjà évoquées dans nos précédentes publications des 26 juin et 20 juillet 2026, afin d’examiner les faits, les documents et les responsabilités à chaque étape.
Nous y reviendrons dans les détails.
