Source : communique de la HARC
Lomé, 20 août 2026 – La Haute Autorité de Régulation de la Communication écrite, audiovisuelle et numérique (HARC) a apporté des précisions sur l’affaire impliquant deux journalistes français, Gaël Mocaër et Sébastian Perez Pezzani, dont l’arrestation et la détention au Togo suscitent depuis plusieurs jours des réactions dans les médias et sur les réseaux sociaux.
Dans un communiqué rendu public le 19 août 2026, l’organe de régulation affirme n’avoir reçu aucune demande d’accréditation concernant les deux professionnels, ni de la part de France Télévisions, ni des intéressés eux-mêmes.
La HARC rappelle que cette démarche est pourtant prévue par le Code de la presse et de la communication. Selon son communiqué, l’article 20 dispose que les correspondants de presse et les envoyés spéciaux des organes de presse étrangers doivent, en plus de détenir une carte professionnelle de presse, solliciter et obtenir une accréditation auprès de la HARC. Celle-ci transmet ensuite une copie de l’accréditation aux ministères chargés de la Communication et de la Sécurité.
L’instance de régulation indique également ne pas avoir été informée de l’arrivée sur le territoire togolais des deux journalistes. Elle affirme par ailleurs ignorer leur statut professionnel ainsi que les activités de tournage qu’ils devaient mener, notamment dans la partie septentrionale du pays.
Cette mise au point intervient alors que plusieurs informations circulent depuis le 18 août au sujet de leur arrestation. Les deux Français travaillaient au Togo dans le cadre de leurs activités professionnelles et sont notamment accusés de « fausses déclarations », selon le communiqué de la HARC.
Les informations publiées par Reporters sans frontières indiquent, de leur côté, que Gaël Mocaër, Sebastian Perez Pezzani et leur fixeur togolais Fred Vedomey ont été placés en détention provisoire à Lomé le 17 août, après avoir été privés de liberté depuis le 27 juillet. Ils réalisaient un épisode de l’émission documentaire Les Routes de l’impossible, diffusée sur France Télévisions.
Face aux nombreuses réactions suscitées par cette affaire, la HARC appelle les professionnels des médias et les créateurs de contenus à faire preuve de « retenue, de responsabilité et de rigueur » dans la collecte, le traitement et la diffusion des informations.
L’institution estime qu’il revient désormais à la justice togolaise de conduire sereinement les procédures en cours et de déterminer, en toute indépendance, les circonstances de la présence des deux intéressés sur le territoire national, la nature de leurs activités ainsi que, le cas échéant, les faits qui leur sont reprochés. La HARC insiste ainsi sur la nécessité de laisser la justice établir les responsabilités, sans préjuger de l’issue de la procédure.
À travers cette sortie, l’organe de régulation rappelle également aux professionnels des médias étrangers l’importance du respect des dispositions légales et réglementaires en vigueur au Togo.
Le président de la HARC invite ainsi l’ensemble des professionnels des médias et des créateurs de contenus à respecter strictement les règles applicables en matière d’information et de communication en République togolaise.
Le communiqué, signé à Lomé le 19 août 2026, constitue donc une mise au point de la HARC sur son rôle dans cette affaire et sur les obligations d’accréditation auxquelles sont soumis les journalistes étrangers exerçant des activités professionnelles sur le territoire togolais.
La procédure judiciaire engagée contre les deux journalistes français reste, quant à elle, appelée à suivre son cours.
