À Aného, le compte à rebours vers l’un des moments majeurs du calendrier culturel guin est désormais enclenché. La cérémonie traditionnelle de « Kpémama », organisée jeudi 13 août à Dégbénou Kpékomé, a permis de lancer officiellement le décompte précédant Ékpéssosso, la prise de la pierre sacrée à Glidji Kpodji.
Au cœur de cette cérémonie, un geste ancestral : le décompte de 22 grains de maïs, correspondant aux 22 jours restant avant le rendez-vous de la pierre sacrée. Un rituel porté par les adeptes de la divinité Mama Koley, dans le cadre de la 363ᵉ édition d’Épé-Ékpé, le nouvel an du peuple Guin.
La cérémonie a été co-présidée par Ayité Ayivi SAKA, prêtre spirituel de la collectivité Mama Koley, et le prêtre Niman Tchè, en présence de plusieurs prêtres et adeptes des 41 divinités de la cosmogonie Guin.
Plusieurs personnalités ont également pris part à ce moment culturel, notamment le Sénateur-Maire de la Commune des Lacs 1, Me Alexis Coffi AQUEREBURU, le Préfet des Lacs, Daté BENISSAN-TÊTÊVI, ainsi que le Prince régent du Trône Royal de Lolan, Son Altesse Adondjégoun Latévi LAWSON-BODY.
Après la prière de libation conduite par Tassinon Kayi Koley, le dignitaire de Mama Koley, Edoh TCHAKLIZO, a procédé au décompte rituel des grains de maïs. Vingt-deux grains ont ainsi été comptés, avant d’être répartis en petits paquets et remis aux chefs traditionnels, leaders communautaires, chefs de famille ainsi qu’aux autorités présentes.
Le principe est simple, mais chargé de symbolisme : chaque jour, un grain est retiré du paquet. Le dernier grain du décompte permet de déterminer la date des cérémonies liées à la prise de la pierre sacrée. Pour cette édition 2026, le décompte conduit au 3 septembre, date annoncée pour les cérémonies d’Ékpéssosso.
Bien plus qu’une simple méthode de calcul, Kpémama constitue une mémoire vivante de la tradition guin. À une époque où le calendrier grégorien n’existait pas encore, ce rituel permettait aux ancêtres de déterminer avec précision le moment du grand rendez-vous spirituel de Glidji.
Réalisé autrefois à l’aide de petits cailloux, le rituel s’appuie aujourd’hui sur des grains de maïs, qui matérialisent les jours séparant la cérémonie de Kpémama de la prise de la pierre sacrée.
Alors que les calendriers modernes rythment désormais la vie quotidienne, les Guin continuent de faire vivre cette pratique ancestrale. Kpémama apparaît ainsi comme un trait d’union entre le passé et le présent, témoignant de la volonté d’une communauté de préserver un patrimoine transmis de génération en génération.
À 22 jours d’Ékpéssosso, le compte à rebours est donc lancé. Désormais, chaque grain retiré rapprochera un peu plus les fidèles du rendez-vous de Glidji Kpodji, cœur spirituel des célébrations d’Épé-Ékpé.
